| Poids corporel |
40 UI / kg / jour |
Besoin quotidien toutes sources confondues pour atteindre 75 nmol/L. Ekwaru et al. montrent que le même apport élève la 25(OH)D de 13,1 nmol/L par 1 000 UI chez une personne de corpulence moyenne, mais de 8,6 seulement en cas d'obésité 2. La vitamine D s'y dilue simplement, sans être séquestrée par la graisse comme on le lit souvent 3. D'où une proportionnalité continue au poids, et aucun coefficient de surpoids, qui ferait double emploi. Le niveau retenu se situe entre la lecture prudente de l'IOM et de l'EFSA 10 et celle, bien plus haute, de Veugelers & Ekwaru 1. |
| Âge |
× 1,00 → 1,20 |
Majoration progressive à partir de 50 ans, puis 65 et 75 ans. Elle est justifiée par l'exposition solaire réelle, l'hydroxylation rénale et des apports alimentaires bas. La chimie de la peau, elle, joue un rôle contesté 8. Les recommandations d'endocrinologie 2024 ne retiennent d'ailleurs une supplémentation empirique qu'à partir de 75 ans 11. |
| Potentiel solaire de référence |
6 000 UI / jour |
Ce que produirait, en moyenne sur l'année, une peau claire largement découverte et exposée plusieurs heures par jour en zone équatoriale. Tous les coefficients de peau, de latitude, d'exposition et de surface sont des fractions de ce maximum. Il est calibré pour qu'un tel profil n'ait aucun besoin de supplémentation, et qu'un adulte français travaillant en intérieur se situe autour de 2 000 à 2 500 UI de déficit. Cet ordre de grandeur est cohérent avec l'essai VITAL, où 2 000 UI/j amènent 91,9 % des participants au-dessus de 75 nmol/L 20. |
| Type de peau |
synthèse × 1,00 → 0,35 |
La mélanine filtre les UVB, et le sens de l'effet fait consensus. Son ampleur, non : la seule revue systématique du sujet recense sept études qui le retrouvent et cinq qui ne trouvent aucune différence, et conclut que la quantité de soleil nécessaire à une peau foncée reste incertaine 17. Le « facteur 6 » largement repris vient d'un unique sujet réexposé en 1982. Nous retenons donc un écart prudent d'environ 3, en bas de la fourchette plausible, plutôt qu'un chiffre faussement précis. |
| Latitude |
synthèse × 0,32 → 0,92 |
Moyenne annuelle du rayonnement UVB utile. Webb et Holick ont établi qu'à Boston (42°N) aucune synthèse n'a lieu de novembre à février 6 ; dix-huit ans de données satellitaires européennes confirment la même fenêtre pour Paris 7. Les valeurs pour le Nord et le Sud de la France sont interpolées : aucune étude ne publie de découpage ville par ville. C'est le facteur le mieux étayé du calcul. |
| Temps passé dehors |
synthèse × 0,05 → 0,78 |
Approximation de la durée d'exposition utile, en ne comptant que les heures où les UVB atteignent le sol. Le verre les bloque intégralement : derrière une fenêtre, la synthèse est nulle. |
| Sport en extérieur |
synthèse + 0 → 0,14 |
Bonus d'exposition additionnel, plafonné pour ne jamais dépasser le potentiel de synthèse maximal. |
| Surface de peau découverte |
synthèse × 1,00 → 0,20 |
Nous retenons la surface de peau exposée. La crème solaire, elle, n'entre pas dans le calcul. L'idée qu'un écran solaire causerait des carences vient d'une expérience de 1987 réalisée sous des lampes émettant des ultraviolets absents du soleil naturel, et avec une quantité de produit que personne n'applique en vrai. Une revue de 69 études en usage réel ne retrouve pas cet effet, et un essai de terrain montre même une hausse du taux sanguin chez les personnes protégées, sans coup de soleil 9. En revanche, une peau durablement couverte par les vêtements réduit bien le statut. |
| Effet de l'âge sur la synthèse |
synthèse × 1,00 → 0,65 |
Correction volontairement modérée. Le « quatre fois moins après 70 ans » que l'on lit partout n'apparaît dans aucune étude : le travail de 1985 dont il dérive écrit « plus du double », sur quatre individus et sur peau prélevée. Une étude in vivo de 2024 ne retrouve ni différence de précurseur cutané ni différence de réponse aux UV entre jeunes et seniors 8. Nous conservons une baisse, car l'exposition effective diminue réellement avec l'âge, mais pas l'amplitude habituellement affichée. |
| Régime alimentaire |
15 → 260 UI / jour |
Notre valeur centrale, 120 UI pour un omnivore sans poisson gras régulier, colle à l'apport alimentaire moyen mesuré chez les adultes français par l'étude INCA 3 : 3,1 µg, soit 124 UI par jour 4. Dans EPIC-Oxford, les végétaliens tombent à 0,7 µg d'apport et 55,8 nmol/L de taux sanguin, contre 3,1 µg et 77,0 nmol/L chez les omnivores 18. Un régime végétal n'apporte quasiment pas de vitamine D. Le statut dépend alors presque entièrement du soleil et de la supplémentation. |
| Aliments enrichis |
+ 100 UI / jour |
Contribution moyenne d'une consommation quotidienne de boissons végétales enrichies, margarines ou céréales. À noter : les champignons exposés aux UV, souvent présentés comme une solution végétale, n'élèvent pas significativement la vitamine D totale : la forme D2 qu'ils apportent fait baisser la D3 en parallèle 21. |
| Malabsorption, chirurgie bariatrique, traitements |
+ 25 → 60 % |
Majorations prudentes couvrant la moindre absorption d'une vitamine liposoluble et l'accélération de son catabolisme par certains médicaments. Aucune source ne publie de multiplicateur validé par pathologie : dans ces situations, le calcul doit céder la place à un dosage sanguin et à un suivi médical. |
| Tabac |
aucun effet retenu |
Nous avons retiré ce facteur après vérification. L'effet groupé des études est faible, la grande majorité d'entre elles sont transversales, aucune n'établit de causalité 16, et une vaste cohorte norvégienne a montré que le signal dépendait de la méthode de dosage utilisée. Surtout, il est largement confondu avec la corpulence et l'exposition solaire, que ce calculateur intègre déjà : l'ajouter reviendrait à compter deux fois la même chose. |
| Grossesse, allaitement |
+ 15 %, plancher 1 500 UI |
Un essai randomisé a montré que 4 000 UI par jour pendant la grossesse normalisent le statut maternel sans aucun effet indésirable attribuable 13, et que couvrir le nourrisson par le seul lait maternel demande 6 400 UI par jour côté mère 14. En France, la recommandation officielle est tout autre : une dose unique de 100 000 UI au début du 6e ou 7e mois, pour les femmes peu exposées au soleil 15. Face à cet écart, nous n'appliquons qu'un plancher et renvoyons systématiquement au suivi médical. |
| Plafond de sécurité |
4 000 UI / jour |
Soit 100 µg : limite haute de sécurité retenue par l'EFSA pour l'adulte, y compris la femme enceinte et allaitante, et confirmée en 2023 5. Le calculateur ne recommande jamais au-delà, quel que soit le profil. |
| Taux sanguin visé |
75 nmol/L (30 ng/mL) |
C'est le point le plus discutable de tout le calcul, et il a bougé récemment. L'Institute of Medicine et l'EFSA considèrent 50 nmol/L comme suffisant pour la population générale 10. La société savante d'endocrinologie américaine, qui défendait 75 nmol/L depuis 2011, a abandonné ce seuil en 2024 et déconseille désormais le dosage de routine chez l'adulte en bonne santé 11. En France, le GRIO vise 50 à 150 nmol/L en population générale, et ne relève la cible à 75 que chez les patients à risque osseux 12. Nous retenons 75 nmol/L, soit le haut de la fourchette française : c'est un choix prudent au sens où il donne des chiffres plus élevés, et vous devez le savoir pour en tenir compte. |